The Legend of Zelda : Skyward Sword

Cinq ans auront été nécessaires pour voir arriver ce Skyward Sword qui est le plus gros projet de Nintendo depuis sa création. Les petits plats ont donc été mis dans les grands pour surpasser un Twilight Princess fort sympathique mais qui n’avait pas conquis les joueurs à 100%, la faute à une seconde moitié de jeu moins soignée, un Hyrule trop vide et un côté annexe pas assez poussé.

Ce Zelda nous raconte le début de la légende et se situe chronologiquement avant tout les autres. L’histoire débute donc à Célesbourg une petite ville sur un bout de terre flottant où c’est la 25ème édition (clin d’œil) de la chevauchée céleste. Link faisant partie de l’école de chevalerie passe donc le concours. Ici point de continents tout se passe dans les cieux, l’humain ignorant qu’une terre existe sous les nuages. Notre héros dort toujours, comme souvent au lancement d’un Zelda et il est au prise avec une bête démoniaque. Heureusement Zelda vient le réveiller pour qu’il se prépare à son concours. Après plusieurs petites aventures pour apprendre les bases du gameplay et le concours à dos de Célestrier (gros oiseau) remporté Link deviendra chevalier et passera un moment en compagnie de la charmante Zelda. Cette dernière possède enfin un vrai caractère, elle est enfin plus femme que princesse. En effet, on retrouve une très jolie jeune fille qui sait ce qu’elle veut et surtout qui en pince clairement pour ce bon vieux Link. Notre héros toujours muet a l’air néanmoins lui aussi de ne pas rester indifférent devant la belle Zelda.

 La romance qu’on attendait tous

On n’est pas habitué, dans un jeu Nintendo, à voir une romance mais ça fait du bien. Néanmoins le bonheur ne sera que de courte durée pour nos deux tourtereaux car au moment où la belle demoiselle allait certainement déclarer sa flamme, elle se fait emporter par une tornade et tombe dans les abîmes du néant. Link part donc à son secours accompagné de la Skyward Sword qu’il obtiendra très rapidement par le biais de Fay, un robot programmé pour aider le héros et qui a élu domicile dans la dite épée. Petite note, Fay est un sidekick (personnage vous épaulant) qui donne un peu trop de conseils dont beaucoup sont inutiles. Link sera donc l’un des pionniers à descendre sur terre dans le but de secourir sa belle et de comprendre qui il est vraiment. Un scénario bien travaillé avec des scènes vraiment épiques et une mise en scène soignée. Le jeu nous conte donc les prémices de la légende et même si la deuxième partie du jeu manque de rebondissements certains passages valent tout de même le coup d’oeil.

Graphiquement réussi, techniquement à chier

Le style graphique du jeu lui se veut hybride en étant un mélange de Wind Waker pour son côté cartoon et Twilight Princess pour son côté réaliste. Ce qui donne des lieux et personnages assez matures mais avec cette petite pointe colorée donnant un charme indéniable et une vraie personnalité au jeu. Le choix du style graphique est plutôt judicieux étant données les capacités de la Wii, un jeu style TP n’aurait plus donné l’effet réaliste et un style Cel Shading aurait lui donné un air de déjà vu. Les décors sont donc soignés et le souci du détail bien présent notamment dans Célesbourg la ville principale qui se veut très chaleureuse et colorée. J’ai testé le jeu de façon optimale, c’est-à-dire sur écran cathodique et le tout rend très bien avec un style impressionniste réussi sur les arrières plans. L’aliasing est tout de même présent et sur écran plat le rendu n’est vraiment pas top. Il est grand temps que Nintendo rentre dans la HD car une masse considérable de foyers est équipée en dalle LCD aujourd’hui et les graphismes de ce Zelda sont tout bonnement gâchés sur ce type d’écran. J’émets tout de même un coup de gueule sur les trois zones du jeu qui manquent vraiment d’inspiration. Elles sont trop banales ne proposant pas de panoramas originaux et il est trop rare de s’arrêter contempler le paysage et de se dire « houa ». Les nouvelles races introduites ne sont pas non plus folichonnes et il est bien loin le temps des Zoras ou Gorons d’Ocarina Of Time qui avaient vraiment la classe. Le soin apporté à Célesbourg et ses environs est satisfaisant et le paquet a été mis ce qui n’est pas le cas des autres zones malheureusement.

La Wii et sa manette : approximation garantie

Skyward Sword mise avant tout sur son gameplay et l’utilisation du motion plus pour retranscrire les mouvements à l’épée et l’utilisation des différents objets. L’appareil est donc obligatoire, Nintendo ayant clairement tout misé dessus et bâti son jeu autour du motion gaming, est ce donc vraiment immersif et pratique dans les faits? A cette question je répondrais un grand oui malgré quelques petites carences. Globalement la Wiimote répond bien que ce soit pour les différents coups d’épées ou pour l’utilisation d’objets. Le Nunchuck servant lui à brandir votre bouclier pour vous protéger en faisant de brusques coups de poignet. Ce fut une très bonne surprise alors que pourtant j’étais assez sceptique sur ce type de contrôle ne m’ayant pas convaincu sur Twilight Princess. Le motion plus apporte vraiment et on se rend vraiment compte de la différence entre ces deux Zelda. Nintendo maîtrise nettement mieux son sujet qu’à la sortie de la console même si le petit appareil y est clairement pour beaucoup. Tout est intuitif et très bien expliqué durant les premières heures même si cela nécessite un petit temps d’adaptation on apprend vite. Le déplacement en Célestrier par contre est assez déroutant au départ vu qu’il faut secouer la Wiimote pour battre des ailes puis l’incliner pour monter, descendre et se déplacer de gauche à droite. Ce mode de déplacement est sans doute le plus dur à assimiler et peut être qu’un contrôle avec le stick du Nunchuck aurait été plus judicieux.

Pour ce qui est de l’épée c’est très bon et la Wiimote répond bien sauf peut être pour les coups d’estocs qui ont du mal à sortir parfois. L’épée vous servira également pour localiser différents types d’objets en passant à la première personne. Un petit curseur vous indiquera si vous êtes près de l’objet recherché, très pratique d’utilisation et même si on le sollicite souvent le système reste agréable. Les objets sont bien maîtrisés eux aussi, mention spéciale au scarabée volant permettant d’attraper des objets éloignés et qui est très facile à diriger en inclinant sa Wiimote. Les bombes peuvent être lancées de deux façons, l’une classique donc en l’air avec un coup de Wiimote de haut en bas et façon bowling comme dans Wii Sports. Je précise qu’à aucun moment du jeu je n’ai eu à me lever pour effectuer une action ce qui selon moi montre bien l’efficacité des contrôles. Néanmoins j’ai pu lire que les avis diffèrent vraiment d’un joueur à l’autre certains ayant même besoin de recalibrer le motion plus ou encore de se lever pour jeter les bombes. Au rayon des nouveautés on trouve aussi une jauge d’effort symbolisée par un petit camembert qui permet à notre héros de sprinter en maintenant le bouton A. Cette jauge est aussi utilisée durant les combats car l’attaque tournoyante demande de l’effort à Link et contraint donc le joueur à ne pas trop miser sur cette attaque puissante. Lorsque la jauge se vide Link est essoufflé et il lui faut un laps de temps pour récupérer. Une innovation sympathique qui permet un peu plus de souplesse et même de grimper le long de petits murets.

Selon moi l’expérience est vraiment bonne mais c’est assez difficile de juger car cela a l’air d’être du cas par cas. Globalement c’est très satisfaisant tout de même et on vit une vraie expérience qui aurait sûrement été moins immersive avec une manette. Néanmoins j’ai aperçu les limites de l’appareil au travers d’une mini quête qui nous demande de jouer de la harpe, l’instrument central du jeu et qui se joue en rythme de gauche à droite. Alors malgré une dizaine d’essais aucun résultat probant faute à une imprécision de l’appareil ou à un mauvais calibrage du mini-jeu dans sa difficulté je ne serais trop le dire mais il y a tout de même certaines lacunes. Les combats eux n’ont jamais été aussi stressant même contre une simple skulltulas tant l’IA est intelligente et s’adapte à notre style de combat. Il faut être stratégique, patient et surtout bien analyser le schéma d’attaque à adopter pour vaincre les ennemis car ils parent les coups vraiment facilement et contre-attaquent rapidement. Là encore la difficulté est augmentée mais en revanche parfois on a plus de facilité à vaincre l’ennemi sans le locker ce qui parait étrange et résume encore une fois une carence de l’IA qui analyse certainement mieux nos coups lorsque l’on vise l’ennemi.

Alors, ce jeu ?

L’univers

Le jeu se passe donc pour le plus gros sur terre, dans trois zones différentes à savoir la forêt de Firone, le volcan d’Ordinn et le désert de Lanelle. On accède à ces zones par le ciel à dos de Célestrier mais les zones ne sont pas reliées entre elles ce qui pour le coup casse un peu l’immersion. Chaque zone possède donc une superficie correct quoique un peu étriqué tout de même. Aonuma et ses équipes avaient l’envie de casser le cycle exploration, donjon et c’est assez réussi dans l’absolu. En effet, il faudra vraiment explorer chaque zone pour trouver les objets nécessaires à l’avancée mais aussi pour trouver le donjon et y rentrer. On se retrouve donc à faire de multiples sous quêtes avant d’accéder au donjon ce qui apporte un bol d’air frais dans le game design. C’est moins monotone que par le passé. On retourne même dans certains donjons et en avançant on découvre aussi de nouveaux endroits dans les zones. Les donjons eux sont très classiques mais c’est toujours aussi jouissif de résoudre une énigme. En revanche ils sont beaucoup moins longs et requiert moins de réflexions qu’à l’accoutumée ne proposant pas un vrai challenge comme dans les autres opus. Nintendo a sacrifié les donjons en mettant une priorité sur les zones qui sont en fin de compte les prés donjons.

Les quêtes

Même si les objectifs et quêtes changent en revisitant les zones c’est tout de même dommage de ne disposer que de trois environnements différents surtout pour un Zelda. Néanmoins les bosses ont subi un vrai travail et sont tous épiques, avec une vraie difficulté et mettent bien la reconnaissance de mouvements en pratique. Le game over n’est pas loin si l’on affronte un boss en étant mal préparé (fées, potions). Le choix de commencer avec 6 cœurs au compteur est pertinent car même avec ce stock d’énergie plus conséquent il n’est pas rare de mourir. Un autre type d’épreuve vous attendra aussi durant votre aventure, la Psysalis où vous devrez récupérer 15 orbes dans un monde parallèle. La difficulté est que vous serez pourchassé par des gardiens qui se réveilleront si vous ne trouvez pas assez rapidement ces orbes. Si vous vous faites toucher c’est la fin et il faudra tout recommencer. Chaque orbe récupéré vous octroie un temps supplémentaire pour chercher les autres mais des fantômes se mettront sur votre route et s’ils vous trouvent les gardiens se réveilleront. Néanmoins un autre type d’orbe existe vous permettant de visualiser celle qui vous manque sur le terrain. Ces épreuves sont stressantes, bien fichus et demande souvent de bien connaitre la zone.

La durée de vie

Parlons un peu de la durée de vie du jeu qui est vraiment bonne avec une quête principale d’une quarantaine d’heures minimum et pas mal d’à côtés pour ce qui est de l’annexe. La plupart du contenu optionnel se trouve dans le ciel et plus particulièrement à Célesbourg. Les habitants auront besoin de vous en fonction de votre avancée dans la quête principale. C’est ainsi qu’une personne pourra vous demander plusieurs services à différents moments du jeu. Célesbourg est donc pleine de vie et vous devrez mener à bien plusieurs petites quêtes qui pour certaines demanderont même un choix irréversible de votre part. Il est possible de passer du jour à la nuit en dormant et Link peut même s’asseoir pour récupérer des cœurs, une première. S’ajoute à cela la quête des cristaux de gratitude qui sont de petits objets à récupérer soit de nuit en se baladant, soit en aidant les gens. Bien sûr, les fameux fragments de cœurs sont toujours à récupérer en grand nombre. Il y a aussi des cubes de la déesse disséminés sur terre qu’il faudra briser pour permettre l’accès à des coffres dans les cieux. La carte des cieux est elle très petite ne comprenant que trois ou quatre îles intéressantes, on en fait donc trop vite le tour et en cinq ans de développement on aurait aimé un côté annexe plus poussé et proche d’un Majora’s Mask. Néanmoins un vrai bond en avant a été fait depuis Twilight Princess à ce niveau.

Le crafting, la bonne idée

Il est aussi possible de récupérer des matières premières sur les monstres pour améliorer son équipement. Autre nouveauté donc, certains objets peuvent être améliorés comme le bouclier et l’arc moyennant de l’argent et des matières première. Ce système qui est très présent dans les RPGs est bienvenu mais beaucoup trop en retrait pour se révéler vraiment intéressant. Les upgrades étant trop limités et ne s’adressant qu’à une poignée d’objets il est trop facile d’en faire l’impasse sans que cela nuise à la progression. On sent que Nintendo a été trop frileux pour tenter de mettre le système plus en avant et qu’ils ont été assez maladroits dans la conception de ce dernier.

Les premiers boucliers que vous obtiendrez ne sont pas assez robustes et partent en miettes trop rapidement même upgradé, en revanche on a accès à un bouclier à 500 rubis un peu plus loin dans l’aventure qui de base s’avère très solide et se régénère de lui même. D’ailleurs j’ai terminé le jeu avec cet unique bouclier donc le dosage est assez mauvais en terme de fiabilité des objets. Les potions sont elles aussi upgradables en ramassant des insectes mais là encore c’est trop annexe pour être intéressant sachant qu’avec les potions rouges on s’en sort très bien. Néanmoins pour celui désirant atteindre les 100% le système est sympathique et augmente la durée de vie. J’en profite aussi pour dire que l’argent prend une place plus importante que par le passé car ici tout coûte cher et donc il faudra vraiment économiser ses rubis.

La bande son

Pour terminer ce test la bande son est vraiment très belle offrant de nouveaux thèmes de toutes beautés comme le thème principal ou encore d’autres remaniés. La bande son de Skyward Sword offre tout comme ces graphismes une vraie personnalité au jeu et rien que le début du jeu provoque des émotions. Les thèmes des différentes zones correspondent vraiment bien à l’ambiance de ces derniers et la harpe offre des mélodies intéressantes.

Conclusion

Vous l’aurez compris Skyward Sword n’est pas parfait et Nintendo a peut être trop travaillé son gameplay et en a oublié l’univers et les donjons, c’est tout de même une grande expérience à vivre tant par son gameplay que son histoire qui façonne la légende de Zelda. On est happé du début à la fin sans réussir à décrocher ce qui montre bien que c’est un grand jeu. La série prend donc des risques en s’aventurant en terre inconnue pour ses 25 ans et il y a forcément quelques ratés. C’est néanmoins le jeu de fin d’année que l’on attendait tous et un dernier gros hit pour notre Wii!

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