Ces jeux gratuits qui vous prennent pour un abruti

Parlons un peu du jeu vidéo nouveau, celui qui a inondé Facebook. Celui qui a créé toute une génération de joueurs sur smartphone. Je veux bien sûr parler des jeux Free to play. J’écris cet article parce que j’en ai plein le cul : de ce modèle économique, des développeurs qui acceptent de faire fonctionner cette industrie dégueulasse et au final, qu’on me prenne pour un abruti.

Je suis issu, comme beaucoup, d’une génération où le jeu était un produit pour lequel on devait payer. Rien ne me paraissait plus normal, il fallait rémunérer les développeurs, les graphistes, scénaristes etc. A cette époque, le produit en lui-même justifiait son prix par sa qualité. Un bon jeu valait entre 30 et 50€, et lorsqu’on l’achetait, on pouvait espérer y passer de très bons (et longs) moments. Ce jeu avait bien sûr une fin, on y reviendra plus tard.

Aujourd’hui le jeu est gratuit. Sur PC, sur smartphone, partout. Il y a en fait tellement de jeux gratuits qu’on ne sait plus où donner de la tête. J’ai fait l’expérience, pendant plusieurs années, du jeu Free to Play. Au début c’est plaisant, voire sympathique. On découvre un nouvel univers, on se familiarise avec le gameplay, qui est souvent bien pensé dans ces jeux. Normal, il faut appâter le joueur occasionnel. Tout va bien pendant quelques semaines jusqu’au jour où j’ai été pris d’un sentiment bizarre, l’impression que quelque chose allait de travers.

Frustration free to play

Une bombe de frustration à retardement

On ne sait jamais vraiment ce que c’est mais pourtant, on le sent, c’est présent, ça plane. Y a un truc pas net. Vous avez déjà ressenti ça ? On perd souvent dans ces jeux, c’est vrai. Trop souvent. Tellement souvent qu’une simple victoire nous donne autant de satisfaction que si on venait de gravir l’Everest. Est-ce que c’est normal ? J’en ai pas l’impression. Après 10 minutes de jeu de puzzles sur Facebook, je ne suis pas diverti, je suis énervé. Je ne suis pas détendu, je me sens frustré. Au final, ces jeux ont le don de me faire sentir nul, incapable … comme une merde en fait.

Quelle solution le jeu me propose t’il après ça ? « Allez, courage, reposez-vous un peu et vous verrez les choses différemment demain ! Ou sinon tu mets 5€ et on te file des bonus (vu que visiblement t’es pas capable de passer un simple niveau !) » Ok merci, là je comprends mieux.

Le bonheur sordide du « Payer pour gagner »

Alors c’est ça le Free to Play, un jeu gratuit qui n’a rien de plus à vous offrir que de la frustration accumulée, vous poussant à franchir le pas et à claquer quelques euros pour vous faciliter la vie. On est plus dans un jeu là. Vous imaginez si on faisait ça dans la réalité, dès que la vie est trop dure on lâcherait un billet ! « J’ai trop la flemme d’aller chez le boulanger, je vais appeler un taxi il va m’amener au bout de la rue. C’est bon, 15€ c’est pas grand chose ! ».

Bienvenue dans le monde des démissionnaires, prenez un siège.

Petite aparté, je suis favorable à la notion de frustration dans le monde réel, qui est un sentiment qui pousse à se révolter contre son propre manque de compétences. Cependant, dans un jeu gratuit qui est régi par ses propres règles (bien souvent le hasard, ou encore pire, des algorithmes qui vous font perdre), la frustration ne peut pas être corrigée par l’expérience ou une augmentation des compétences, d’où un sentiment d’impuissance face à son échec.

Personnellement, je suis écœuré que l’industrie du jeu en arrive à vomir des choses pareilles. Ce modèle économique pousse les gens à se voir comme n’ayant jamais atteint leur but, et ne crée rien d’autre que de la frustration. Depuis quand n’avez vous pas fini un jeu ? Je veux dire, fini, FINI, TERMINE, 100%. Depuis quand n’avez vous pas ressenti la satisfaction de l’achèvement ? N’en êtes vous pas au niveau 568 à Candy Crush ? Avez-vous installé Angry Birds 2 ? Faites-vous toujours les mêmes donjons à Neverwinter ? Pour que ces jeux fonctionnent, il faut qu’ils n’aient pas de fin.

Il semblerait que certaines personnes apprécient ce renouveau perpétuel de contenu (si on peut appeler des niveaux générés automatiquement du contenu).

Moi, ça me gonfle.

Le goût amer d’une drogue frelatée

Ca me gonfle de m’être fait avoir en achetant des packs de boosts sur certains jeux gratuits, en attendant impatiemment le nouveau module. J’ai réalisé à leur sortie qu’il n’y aurait jamais de nouveau contenu, ou de fin de l’histoire. Ces modules, mises à jours, ou ajouts, ne sont rien d’autre que des façons de nous faire tourner en rond. Le plus déprimant reste d’entendre le discours de ceux qui y jouent tous les jours, expliquant qu’ils y ont passé tellement de temps qu’ils ne se sentent pas le courage d’arrêter. Ils se sentent coincés, espérant juste que l’entreprise qui gère leur addiction daigne leur offrir un peu de nouveauté. C’est peine perdue les amis, peine perdue…

N’oubliez pas ce qu’on dit : « Si c’est gratuit, c’est TOI le produit ».

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